Syrie: l'OIAC poursuit son enquête sur l'attaque chimique présumée

Dominique Dufresne
Avril 16, 2018

La décision de l'Élysée a dû être d'autant plus réfléchie qu'en mars 2003, le président Jacques Chirac avait refusé d'associer la France à une opération militaire américaine, beaucoup plus vaste (car visant un changement de régime), contre une autre dictature moyen-orientale, l'Irak, accusé (faussement) de fabriquer clandestinement des armes chimiques et bactériologiques interdites par les conventions internationales.

A la mi-journée, les médias d'Etat ont annoncé l'entrée de forces de sécurité du régime à Douma, l'ultime bastion rebelle dans la Ghouta.

"Nous laisserons l'équipe faire son travail de manière professionnelle, objective, impartiale et loin de toute pression (de la part des autorités). Les résultats de l'enquête infirmeront les allégations mensongères" contre Damas, a ajouté le vice-ministre. "Par ces frappes et cette intervention, nous avons séparé sur ce sujet, les Russes, des Turcs (.) les Turcs ont condamné les frappes chimique et ont soutenu l'opération que nous avons conduite", a-t-il dit. Il s'agit d'une riposte ciblée après l'attaque chimique présumée du 7 avril à Douma, près de la capitale syrienne, imputée au pouvoir syrien.

Soumise à un siège asphyxiant pendant cinq ans et à des bombardements très violents du régime depuis le 18 février, la ville est ravagée.

" "Jean-Jacques Bourdin va le " pousser dans ses retranchements " — Interview d'Emmanuel Macron
L'occasion pour lui de s'épancher sur le journaliste controversé Edwy Plenel, qui interrogera le président de la République ce soir.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a affirmé à l'ONU que le président avait indiqué clairement que dans l'éventualité où Bachar al-Assad utiliserait de nouveau du gaz toxique dans une attaque, "les États-Unis ont le doigt sur la gâchette".

Le président français Emmanuel Macron a estimé dimanche que les frappes occidentales contre le régime de Damas avaient été un succès militaire, mais qu'elles ne constituaient pas une déclaration de guerre à la Syrie, d'où, a-t-il dit, il a convaincu Donald Trump de ne pas retirer les troupes américaines.

A Al-Bab (nord-est), où sont évacués les habitants de Douma, Ahmed ne se fait lui non plus guère d'illusion.

Ces frappes ont suscité l'indignation de la Russie et de l'Iran, alliés de Damas.

La messagerie Telegram bloquée sur ordre de la justice — Russie
Lancé en 2013, Telegram fait désormais partie des applications mobiles les plus populaires du monde. Pour le FSB, Telegram a été utilisé dans le cadre d'une attaque terroriste.

Pourfendant également un "alignement" sur les États-Unis, le dirigeant de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé à "rétropédaler" après des frappes "irresponsables".

"Où est le bénéfice d'une telle action des Occidentaux si cela ne mène pas à l'arrêt immédiat de toutes les violences et crimes perpétrés envers les populations syriennes?", s'insurge le médecin français Raphaël Pitti, un responsable de l'ONG française l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM). Au lever du soleil, plusieurs dizaines d'entre eux se sont rassemblés sur l'emblématique place des Omeyyades, au son de klaxons et de musiques patriotiques, arborant des drapeaux syriens, chantant et dansant à la gloire de Bachar al-Assad.

Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie qui devrait être discuté à partir de lundi, selon des diplomates.

Frappes en Syrie: que va faire Moscou ?
Mme Haley s'est impatientée vendredi lors d'une réunion du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Moscou. Donald Trump en veut à la Russie , surtout après l'attaque chimique sur la Ghouta.

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