L'admirable mea-culpa du National Geographic sur ses reportages passés — Racisme

Dominique Dufresne
Mars 13, 2018

Rappelant que "la manière dont nous présentons les minorités a une importance cruciale " et "le devoir, dans chaque article, de présenter de la manière la plus juste et la plus authentique qui soit les différentes personnes que nous mettons en exergue", le magazine indiqué avoir confié la tâche d'un examen de conscience à John Edwin Mason, professeur à l'université de Virginie spécialisé dans l'Histoire de la photographie et de l'Histoire de l'Afrique, à partir des archives de National Geographic. Dans un éditorial publié lundi dans le cadre de son édition américaine d'avril 2018 consacrée au concept de "races", le célèbre mensuel, qui existe depuis 1888, reconnaît que "pendant des décennies, nos reportages étaient racistes. Mais puisque nous avons aujourd'hui décidé de faire une couverture exceptionnelle du sujet des "races ", il nous faut faire cet examen de conscience avant de considérer de faire celui des autres", ajoute Susan Goldberg. Et ses conclusions sont sans appel: "Jusque dans les années 1970, National Geographic a quasiment ignoré les personnes de couleur vivant aux États-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d'ouvriers ou de domestiques, écrit la rédactrice en chef pour résumer les recherches de Mason. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les 'natifs' d'autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de 'sauvages anoblis'".

Il y a plusieurs décennies, les photos d'"indigènes" admirant les appareils photo ou les voitures des reporters blancs étaient très fréquentes dans le mensuel. Et les populations non blanches étaient quasi systématiquement coupées de toute narration.

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Il va aborder des aspects de l'histoire de Freezer et des Saiyans qui n'ont pas encore été explorés. Espérons qu'il ne faille pas attendre des mois avant de le voir débarquer en France.

Avant les années 70, "les Américains se faisaient des idées sur le monde au travers de films comme Tarzan et de caricatures racistes grossières", déclare John Edwin Mason. Cet article mentionne à peine le massacre de 69 personnes noires par la police.

"Les voix des Noirs d'Afrique du Sud sont absentes".

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Pour ne citer qu'un exemple parmi d'autres, un reportage en Australie datant de 1916 a particulièrement choqué les lecteurs et les journalistes de National Geographic. Cette absence est aussi signifiante que tous les mots imprimés. Les Noirs représentés sur les photos sont des ouvriers, des domestiques, ou des danseurs. Sous plusieurs photos d'Aborigènes, on peut lire cette légende: "Deux Noirs sud-Australiens: ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains". J'en suis la première rédactrice en chef, juive de surcroît, deux groupes de population qui ont eux aussi été discriminés aux Etats-Unis.

A la fin de l'article, Susan Goldberg conclut: "Je souhaite que les prochains rédacteurs en chef de National Geographic puissent être fiers de l'histoire de ce magazine - pas seulement pour les reportages que nous aurons décidé de publier mais aussi pour la diversité de journalistes, rédacteurs et photographes qui les portent".

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