Données personnelles: La Cnil épingle deux jouets connectés

Elisee Touchard
Décembre 4, 2017

Ainsi, l'enfant peut parler à sa poupée ou son robot, et magie de la technologie, l'objet peut lui répondre parfaitement. Lundi, la Cnil a mis en demeure la société Genesis Industries, fabricant hongkongais de deux jouets connectés, pour "atteinte grave à la vie privée en raison d'un défaut de sécurité".

La Cnil considère donc que cette absence de sécurisation des jouets, qui permet de s'y connecter à l'insu des enfants et des propriétaires et d'avoir accès aux conversations dans la pièce, méconnaît la Loi informatique et liberté de 1978, car elle porte potentiellement atteinte à la vie privée et à l'intimité des utilisateurs.

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Confirmant les alertes des associations de consommateurs, la commission estime que ces deux jouets permettent d'espionner les enfants.

"Lors de leur enquête, les enquêteurs de la Cnil ont constaté qu'une personne située à 9 mètres des jouets à l'extérieur d'un bâtiment pouvait aisément connecter un téléphone mobile aux jouets grâce au standard de communication Bluetooth sans avoir à s'authentifier". "La personne située à une telle distance est en mesure d'entendre et d'enregistrer les paroles échangées entre l'enfant et le jouet ou encore toute conversation se déroulant à proximité de celui-ci", détaille la Cnil.

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A la suite de contrôles en ligne menés cette année et d'un questionnaire adressé à la société basée à Hong-Kong, la Cnil a relevé que "la société collecte une multitude d'informations personnelles sur les enfants et leur entourage: les voix, le contenu des conversations échangées avec les jouets (qui peut révéler des données identifiantes comme une adresse, un nom...) mais également des informations renseignées dans un formulaire de l'application 'My Friend Cayla App'". Quelques semaines après le régulateur allemand des télécoms, c'est au tour de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) d'épingler un fabricant chinois de jouets connectés.

Ces jouets répondent aux questions posées par les enfants sur divers sujets tels que des calculs mathématiques ou encore la météo. Le hacker de poupée pourrait aussi communiquer avec l'enfant en diffusant des sons enregistrés via l'enceinte du jouet ou en appelant le téléphone connecté au jouet...

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Deuxième grief: alors que des informations personnelles sont traitées par la société, les contrôleurs de la Cnil ont constaté que "les utilisateurs des jouets ne sont pas informés des traitements de données mis en œuvre par la société". L'entreprise a deux mois pour sécuriser les produits et se conformer à la loi Informatique et liberté, sous peine de s'exposer à une sanction financière. Dans le cas contraire, la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin, désignera un rapporteur, " chargée de réprimer les manquements à la loi, de prononcer une sanction ". Alors que la Cnil n'a pas le pouvoir d'interdire ces jouets à la vente, la poupée Cayla avait été carrément interdite en Allemagne en février 2017, mais pas son alter ego masculin I-QUE.

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