Un couple au cœur des accusations et des zones d'ombre — Affaire Grégory

Olivia Lacan
Juin 17, 2017

Ils ont été mis en examen vendredi pour l'"enlèvement" et la "séquestration suivie de la mort" du petit garçon, avant d'être placés en détention provisoire.

Le procureur, Jean-Jacques Bosc, n'a pas confirmé ni infirmé cette information.

Marcel et Jacqueline Jacob, mis en examen vendredi pour séquestration suivie de mort dans l'affaire Grégory, nient toute implication, a annoncé le procureur général de Dijon, pour qui ceux ont participé à l'enlèvement "sont les auteurs du crime".

Me Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, s'étonne: "en vingt ans d'exercice professionnel, je n'ai jamais vu ça de ma vie".

Le revêtement de la tour mis en cause — Incendie à Londres
Sept Marocains figurent probablement parmi les victimes, a annoncé à Rabat le ministère marocain des Affaires étrangères. Le revêtement installé l'an dernier sur la façade aurait en outre favorisé la propagation de l'incendie.

Interrogé sur la participation éventuelle de Bernard Laroche, tué par Jean-Marie Villemin en 1985 alors qu'il était inculpé pour le meurtre de Grégory, le procureur n'a pas écarté cette possibilité, s'appuyant sur "les déclarations de Murielle Bolle", belle-sœur de Bernard Laroche et adolescente à l'époque du drame.

Et c'est le "clan Laroche" qui se retrouve de nouveau au centre de l'enquête, relancée par l'analyse graphologique des lettres de menaces et autres courriers anonymes qui foisonnent dans le dossier, à défaut d'analyses ADN probantes.

Marcel et Jacqueline Jacob sont incarcérés dans deux établissements bourguignons. Les expertises récentes d'une lettre de menaces, manuscrite et anonyme, adressée en 1983 à Jean-Marie Villemin, désignent Jacqueline Jacob comme une auteure possible. Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises, dans le passé, sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984. La grand-tante est soupçonnée d'être l'auteur d'une lettre anonyme en 1983 et le grand-oncle d'avoir fait des repérages. Les grands-parents paternels de l'enfant ont eux été entendus comme témoins, à leur domicile dans les Vosges. Grâce à lui, les analystes criminels ont pu porter "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences. Jacqueline Jacob reste silencieuse, quand Marcel nie les faits qui lui sont reprochés.

Le procureur de la république a tenu ce vendredi une conférence de presse.

Nathalie Kosciusko-Morizet fait un malaise après une altercation
Assez faible et fatiguée, l'ancienne ministre est néanmoins sortie de l'hôpital à pied, accompagné de son frère Pierre . Elle a alors chuté sur le sol et perdu connaissance plusieurs minutes, sous une forte chaleur.

"À l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort", selon le magistrat. "Je ne peux pas en l'état vous promettre" que l'enquête va "déboucher" a ajouté le colonel de gendarmerie.

Cependant, pour les avocats du couple, il n'y a aucun élément matériel à leur encontre. Il décrit un homme effrayé par la mort et si respectueux de la loi que "si on lui dit de rouler à 50, il roule à 40".

Jamais interrogée durant les cinq premières années d'enquête, Jacqueline Jacob n'avait été convoquée qu'en décembre 1989 par le juge d'instruction, convocation qu'elle était parvenue à esquiver.

La grande-tante du petit Grégory inculpée
Marcel Jacob et Michel Villemin étaient très liés à Bernard Laroche, considéré comme un autre des participants à l'enlèvement . Les deux hommes cultivaient même une ressemblance physique, moustache et favoris, qui suscitait parfois la confusion.

Autres rapports virageauto.com

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL