Trump félicite Erdogan pour le résultat du référendum turc — Pouvoir et alliances

Dominique Dufresne
Avril 20, 2017

Il évoque des pressions sur les électeurs.

En cause, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK) de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

Le résultat du scrutin, qui proclamait la victoire du "oui" avec 51,4% des voix, a été immédiatement contesté par les deux principaux partis d'opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (pro-kurde), qui ont dénoncé des "manipulations" pendant le scrutin, annonçant leur intention de demander le recomptage des voix.

Des manifestations quotidiennes qui ont mobilisé des milliers de personnes ont eu lieu dans des quartiers d'Istanbul connus pour leur opposition au président Erdogan depuis l'annonce de sa victoire étriquée au référendum dimanche soir.

"De manière générale, le référendum a été en deçà des normes du Conseil de l'Europe". La campagne s'est déroulée dans des conditions inéquitables, a déclaré une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe.

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C'est la première fois, au cours des dernières décennies, qu'un scrutin national en Turquie est critiqué de façon aussi catégorique par des observateurs internationaux.

Mais le président Erdogan a balayé ces observations. "La mentalité de croisés de l'Occident et de ceux qui, chez nous, la servent, nous a attaqués!", a-t-il dit. Certains analystes estiment que les tensions entre Ankara et l'Union européenne, renforcées par le résultat du référendum de dimanche, devraient favoriser un rapprochement entre la Turquie et la Russie.

M. Erdogan a en outre répété lundi qu'il promulguerait le rétablissement de la peine de mort si le Parlement votait en ce sens, se disant prêt à convoquer une autre consultation populaire sur la question. Une telle mesure signerait la fin des efforts de la Turquie pour rejoindre l'UE.

Les manifestants ont brandi des tracts sur lesquels il était inscrit: "Nous avons raison, le non gagnera".

Le fait de tenir ce référendum alors que la Turquie vit toujours sous l'état d'urgence, en vigueur depuis le coup d'État avorté de juillet dernier, a aussi été dénoncé par ces organisations.

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Trump a remercié son interlocuteur pour son soutien à l'action américaine en Syrie et les deux hommes ont par ailleurs convenu de l'importance que le président syrien Bachar el-Assad rende des comptes.

Si les rapports sont tendus avec les Européens, il n'en est rien avec les Américains.

"Le gouvernement (allemand) attend que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société", a souligné la chancelière lundi dans une courte déclaration conjointe avec son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

Le président turc qui disposait d'une importante popularité dans son pays, a cessé de faire l'unanimité en Turquie, comme prouvé par la faible marge opposant les pour et les contre la réforme constitutionnelle renforçant le pouvoir et les prérogatives du président. En France, 64,4% de la diaspora ayant voté a approuvé le référendum.

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